La télépathie : un phénomène surprenant

21/06/2018

 

« Le jour où la science commencera à étudier les phénomènes non physiques, elle fera plus de progrès en une décennie que dans tous les siècles précédents de son existence ».

Nicolas Tesla.

 

 

Bien que la plupart des scientifiques pensent que la télépathie n’existe pas, d’autres commencent à s’y intéresser, et comme l’écrit si bien Claude Bernard : « C’est ce que nous pensons déjà connaître qui nous empêche souvent d’apprendre ».

Dans cet article, je dépasse les idées reçues, j’aime apprendre alors je me questionne…et si la télépathie était une capacité naturelle de l’être humain ?...Je souhaite vous relater des faits, concernant une forme de télépathie, que j’ai personnellement observé en travaillant auprès d’enfants autistes.

Tout d’abord, je vais vous expliquer ce qu’est la télépathie, puis je vais vous citer quelques études et chercheurs qui s’intéressent à ce phénomène.

 

 

Qu’est-ce que la télépathie ?

 

Selon la définition du Larousse, la télépathie est une « transmission de pensée ou d’impressions quelconques d’une personne à une autre en dehors de toute communication par les voies sensorielles connues ».

 

La télépathie, n’est pas encore officiellement reconnue par le monde des scientifiques. Cependant, depuis une décennie, des chercheurs tentent d’étudier ce phénomène. Certains de leurs articles montrent des résultats statistiques significatifs. Selon eux, les « capacités humaines étendues » (Institut des Sciences Noétiques) et le domaine de la parapsychologie sont, aujourd’hui, des sujets sérieux.

 

 

 

Un phénomène qui commence à intéresser les chercheurs

 

Chez les neurotypiques

Des phénomènes télépathiques ont été observés essentiellement dans le cas des vrais  jumeaux. En effet, dans son livre « Twin telepathy »,  Guy lyon Payflair (2002), a interrogé des jumeaux afin de savoir s’ils communiquaient par télépathie entre eux. Les résultats ont montré un taux de réponses supérieur à 30%  concernant cette question.

Sheldrake & Smart (2003) ont réalisé une étude pour observer si des personnes étaient capables de savoir, à l’avance, qui les appelleraient par téléphone. Les participants devaient choisir une personne parmi 4 appelants potentiels (chaque appelant se situait à plusieurs kilomètres). Les résultats ont montré un taux de réussite de 45% de bonnes réponses.

Dans une autre étude, Grau & al. (2014) ont montré une communication, par la pensée, entre une personne habitant en Inde et une autre à Strasbourg. Ils évoquent également la possibilité de communiquer avec des personnes handicapées n’ayant plus la capacité de parler.

 

 

Chez les personnes autistes

Le Dr. Diane Hennacy Powell (neuropsychiatre), qui s’intéresse à la conscience humaine, décrit la télépathie des personnes autistes comme étant une « habileté ». Ses études, auprès d’enfants autistes non verbaux, ont montré des preuves d’aptitudes télépathiques. Selon elle, ces enfants « contribuent à notre compréhension des mystères de la conscience ». Il se pourrait également que ces aptitudes à la télépathie seraient liées à leur volonté de communiquer sans pouvoir verbaliser.

Dans une de ses études, un enfant a atteint un score de 100% de réussite et pour la moyenne totale du groupe, un score de 90% de réussite.

 

Marie-Françoise Neveu (psychologue clinicienne et psychothérapeute holistique) a également observé cette capacité télépathique chez la plupart de ses petits patients. Elle en parle remarquablement dans son livre « Les enfants actuels ». En effet, elle écrit : « L’expérience me montre que ces enfants n’éprouvent pas la nécessité de parler. La télépathie (capacité partagée par quasiment tous les enfants « actuels ») est pour eux tellement naturelle qu’ils n’éprouvent pas le besoin de faire autrement ».

Elle tente d’expliquer ce phénomène en disant que ces enfants se « connectent, par télépathie, de « forme-pensée » à « forme pensée », ce qui a, selon eux, de très gros avantages :

  • fidélité du message transmis (pas de traduction par les mots)

  • langage universel : pas de problème de langue

  • Rapidité de la transmission : une fois la connexion établie la transmission est instantanée (bien mieux que toutes les fibres optiques réunies, que tous les satellites,…)

La plupart des personnes autistes ont un fonctionnement cognitif différent des personnes neurotypiques. Elles utilisent davantage leur « cerveau droit » qui leur confère cette capacité de « penser en image » (mode opératoire intuitif), contrairement au « cerveau gauche » (mode opératoire analytique). "En images la pensée est fulgurante, en un flash toute l’information est contenue. Ce flash est ce que l’on appelle les « formes-pensées » (Neveu). Elle explique que les formes-pensées « n’ont pas besoin du véhicule des mots. Leur mode de transmission est essentiellement la télépathie ». La transmission s’effectue donc de cerveau à cerveau et ces personnes « cerveau droit » (ce fonctionnement ne concerne pas uniquement les personnes autistes) découvrent souvent que les adultes peuvent penser une chose et dire ou faire son contraire, ce qui les met généralement dans un état d’angoisse ou de colère.

 

Le Dr. Olga Bogdashina, explique dans son livre que les personnes autistes ont des « expériences perceptives et sensorielles inhabituelles ». Elle décrit, par exemple, l’hypervision (voyant l’invisible), chez les personnes autistes, qui peuvent voir ce que d’autres personnes ne voient pas. L’hyperaudition (entendre l’inaudible) en citant l’exemple de Temple Grandin « c’est avoir un amplificateur de son réglé, au maximum ».

Elle parle également de l’état de « résonnance » introduit par Donna Williams, pour définir l’état d’être « en résonnance avec quelque chose d’autre ». Mais elle va plus loin en découvrant que les personnes autistes peuvent être en résonnance avec les « gens », en effet, elles peuvent les sentir, les voir, les entendre,… se rapprochant des capacités télépathiques. Comme l’explique Donna Williams, « le corps est plus qu’une forme physique, c’est aussi une forme d’énergie. Les limites d’énergie de certains sont plus « ouvertes » que celles de la plupart des gens. Ce sont des personnes plus facilement sujettes à un large éventail d’expériences psychiques et de « déjà vu ».

 

Passons maintenant aux différents faits que j’ai pu observer auprès des enfants autistes.

 

 

Exemples de phénomènes télépathiques

 

Jusqu’à présent, je n’avais jamais remarqué que certaines personnes autistes pouvaient communiquer par télépathie. J’ai commencé à me questionner grâce aux enfants d’une famille dont je m’occupe.

En effet, j’ai remarqué que Benoit*, âgé de 9 ans (autiste non verbal), Elise*, âgée de 7 ½ ans (autiste verbale) et Aline* âgée de 4 ans (souffrant d’un léger retard de langage) semblent communiquer par télépathie.

 

Un jour, en rentrant de l’école, Mme M. (maman des enfants) s’est mise en colère contre Benoit car il ne parlait pas assez et que cette absence de langage pouvait l’emmener vers un maintien dans sa classe d’origine. Mme M. inquiète et perdant patience, face à tous les efforts fournis afin que son fils parle (intervention psycho-éducative à domicile, orthophonie, psychomotricité), lui a demandé de « parler ». A ce moment-là, sa sœur, Elise, s’est exclamée : « mais si maman, il parle ! » et pour expliquer à sa maman, elle lui a fait un dessin (voir ci-dessous). Elise aime dessiner et parfois elle raconte, en dessin, des scènes de son vécu intérieur (émotions) et de ses relations avec les personnes de son entourage.

 

 Dessin Elise (2018)

 

 

 

Sur ce dessin, vous pouvez observer Benoit (à gauche) et Elise (à droite) sous l’eau (le monde des autistes), ayant l’apparence de sirènes. Benoit parle à Elise et ce que dit Benoit sort de sa « tête » et non de sa bouche. En haut, vous pouvoir voir une île, lieu où habitent les parents (le monde des neurotypiques). Ce dessin est remarquable, car Elise a très bien cerné l’existence de 2 mondes différents : le sien, en tant qu’autiste, vivant sous l’eau et le nôtre, celui des neurotypiques, vivant en dehors de l’eau, sur l’île.

De plus, sous l’eau, nous ne pouvons pas communiquer avec des « mots ». Nous pouvons observer 2 bulles de conversation :  dans la 1ère, il lui parle de musique (notes de musique qui sortent de sa tête, reliées par des files) et dans la seconde, Benoit se tient la tête, comme pour signifier que tout se passe dans sa tête.

 

Dessin surprenant car peu de temps après, je lis le livre « Une âme prisonnière », écrit par Birger Sellin, un adulte autiste non verbal, qui utilise les mêmes métaphores qu’Elise. En effet, il écrit  des « messages au monde d’en haut » (les neurotypiques habitant sur l’île ?). En parlant des personnes autistes, il écrit : « Nous sommes des êtres d’un monde différent », « dans mon monde à moi, on a un flaire beaucoup plus développé » (capacités extrasensorielles ?).

Dans son second livre intitulé « La solitude du déserteur », il décrit sa souffrance en expliquant que « tout est comme l’eau, sans parole je suis un exclu ». Toutefois, il évoque également le fait qu’il n’a pas de « pouvoir télépathique ».

 

 

Revenons à la famille M. Un jour, Benoit et Aline jouaient dans le salon. Je demande à Benoit s’il veut faire un puzzle avec moi, il ne me répond pas. Sa petite sœur Aline me dit : « il a dit non ! ».

 

Autre fait : Je vais chercher Benoit à la sortie de l’école. Il n’est jamais monté dans ma voiture. Sa sœur Elise m’a déjà accompagné plusieurs fois. Quand Benoit arrive devant ma voiture, il s’arrête. Elise me dit : « Corinne, Benoit a dit je ne connais pas cette voiture ! ».

 

Une autre fois, je vais chez l’orthophoniste avec Benoit. Elise reste à la maison pour jouer. Au retour, nous sommes tous les 2 dans la voiture, à quelques minutes de la maison et Benoit s’exclame : « Non ! Elise ! ». A ce moment, je me demande si Elise fait des bêtises….En rentrant à la maison, j’entends Elise qui joue au piano. Benoit dit de nouveau « Non ! Elise ! ». En fait, Benoit n’aime pas quand sa sœur  joue au piano…Il l’avait « entendu » ou "vu" (forme-pensée) avant de rentrer chez lui.

 

 

Ces différents faits montrent qu’une forme de télépathie naturelle existerait chez certaines personnes autistes. Ce phénomène serait plus visible chez les jumeaux ainsi que dans les fratries.

Des chercheurs estiment que la télépathie est une capacité naturelle de l’être humain qui a, toutefois, été perdue au fil de notre évolution. Il serait donc intéressant de continuer à observer ce genre de phénomène, afin de comprendre un peu plus le fonctionnement autistique.

 

« Les autistes sont des êtres humains riches de connaissances essentielles » (Sellin B.) …alors apprenons à les connaître.

 

 

Corinne

 

*Les prénoms des enfants ont été changés par respect pour la vie privée et la déontologie.

 

 

Sources :

Grau. C. & al. (2014). Conscious brain-to-brain communication in humans using non-invasive technologies. Plos one.

Sheldrake, R. and Smart, P. (2003). Videotaped experiments on telephone telepathy. The journal of parapsychology, vol. 67.

Guy Lyon Playflaid (2002). Twin telepathy. USA et Angleterre : White Crow Book.

Sellin B. (1994). Une âme prisonnière. Paris : Robert Laffont

Sellin B. (1995). La solitude du déserteur. Paris : Robert Laffont

Neveu M.F. (2016). Les enfants actuels, le grand défis « cerveau droit » dans un univers « cerveau gauche ». Paris : éditions Exergue.

Neveu M.F. (2010). Enfants autistes, hyperactifs, dyslexiques, dys,…Et s’il s’agissait d’autre chose ? Paris : éditions Exergue.

Bogdashina, O. (2013). Questions sensorielles et perceptives dans l’autisme et le syndrome d’Asperger. Des expériences sensorielles différentes. Des mondes perceptifs différents. Grasse : Edition AFD.

 

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